Quel
passionné de voitures de sport n'a pas rêvé un jour de poser
son délicat postérieur dans le baquet d'une vraie voiture de course
? Alors lorsqu'en plus il s'agit d'une Venturi 400 Trophy, une marque pour laquelle
votre serviteur a la plus grande affection et admiration, inutile de vous dire
que lorsque l'occasion s'est présentée, il n'était pas question
de passer son tour !... Textes
et photos : Nicolas LISZEWSKI de L'Automobile
Sportive.com. | | etit
rappel historique... Venturi tente de se débattre pour atteindre un seuil
minimum de rentabilité, ou plutôt déjà limiter les
pertes dans un premier temps. Mais difficile de vendre des GT de sport et de prestige
lorsque son image est encore diffuse et que la crise du Golf en 1990 vient terrasser
tout le marché des voitures de sport et de prestige. Alors Stéphane
Ratel a une idée : mettre sur pied un trophée | monomodèle
pour Venturi avec des modèles un peu particuliers. En partant de la base
de la cellule et du châssis existant des Venturi 200 et 260, Claude Poiraud
va travailler une dernière fois pour "sa" marque en concevant
un châssis taillé XXL tandis que Gérard Godefroy se charge
de donner du muscle à la ligne qu'il avait érigé dès
les années 80. Le résultat est étonnant et fantastique puisque
la Venturi 400 Trophy, sorte de Ferrari F40 à la française des circuits,
connaîtra un vif succès, enregistrant même des succès
en compétition ailleurs que dans le challenge et donnant le départ
à un développement de voitures qui disputeront les 24 Heures du
Mans. |
La
Venturi 400 Trophy de notre baptême est la propriété d'un
véritable passionné des voitures de sport, mais surtout de Venturi.
Après avoir un peu taté du circuit avec une Venturi 260, il a choisit
d'orienter son choix vers une 400 Trophy, une vraie voiture de course, pour ne
pas dégrader outre mesure sa Venturi de route avec les rudes contraintes
du circuit. Une 400 Trophy ?... Presque car en y regardant de plus près
sa voiture est une "400" évoluée qui profitent en fait
des modifications des Venturi 400 GTR avec la reprise d'éléments
des trains roulants des 500 LM ainsi que d'une électronique moteur revue
portant le moteur autour de 430 ch au lieu des 407 ch de la Trophy. Pas de doute,
cette auto doit "envoyer sévère" ! | ACHETER
UNE 400 TROPHY ? | | Où
sont-elles, que sont-elles devenues ? Pas toujours évident de le savoir.
Le plus simple est de commencer par se faire accepter dans les milieux "
autorisés " très au fait des Venturi. Le Club Venturi est certainement
une des meilleures entrées. Les transactions sur le marché sont
rares, avec 73 autos construites le contraire serait étonnant, mais en
plus comme elles sont pour la majorité des autos de course non homologuées
pour la route, elles
patientent généralement dans des garages ou des lieux de stockage. | |
Il faut avouer que l'usage d'une telle auto nécessite non seulement de
la passion et beaucoup d'abnégation. Le réseau d'entretien spécialisé
Venturi est quasi inexistant avec seulement SL Automobiles à Chartres,
et Tony Boulet d'Extrême Limite à Nantes. On imagine donc le passionné
de Venturi qui souhaite en acquérir une et qui habite Valence ! A partir
du moment où vous saurez où l'entretenir, il vous faudra avoir ou
louer un plateau, car elle ne peut partir au circuit par la route, sauf pour les
versions dont les propriétaires de l'époque avaient déboursé
15 000 euros auprès de l'usine pour l'homologuer à un usage routier
(ce qui a concerné très peu de voitures). Ces dernières seront
logiquement vendues plus chères du fait du précieux sésame
du feuillet gris vous permettant de rouler. Mais sur le circuit, avec des pneus
de route, vous aurez vite fait de brûler toute votre gomme et d'être
bloqué sur place ! Le plateau semble donc incontournable. Pour mémoire,
les Venturi Trophy étaient vendues puis le " gentlemen driver "
devait s'acquitter de 15 000 euros par an pour la gestion de l'entretien et l'acheminement
pour une saison de 6 courses. Si aujourd'hui pour un usage " club "
on sera loin d'un tel budget, le budget d'une seule sortie reviendra tout compris
à environ 1000 euros (révision d'après sortie comprise) sans
éventuel gros pépin mécanique pour aller faire une centaine
de tours sur une journée sur circuit. Si le V6 français est ultra
fiable pour un moteur de course, vous ne connaîtrez souvent lors de l'acquisition
pas de preuves irréfutables du nombre d'heures de roulage (c'est ainsi
que l'on compte " l'usure " d'un moteur de course et non en kilomètres.
A titre d'exemple, un moteur de Porsche Cup 996 menée au rythme d'un vrai
pilote en condition course peut réaliser 60 heures de roulage, soit environ
une saison complète, et doit ensuite être intégralement refait
et révisé pour un budget moyen d'environ 10 000 euros !) Un point
de vue à bien garder à l'esprit pour éviter d'acheter une
auto française au caractère historique d'importance pour les amateurs
que nous sommes et qui restera au garage faute de budget d'utilisation suffisant.
Et lorsque des autos de course restent au garage, elles s'abîment et s'encrasse,
générant ensuite un redémarrage souvent capricieux et lassant.
Et comme si ce tableau décidément bien sombre ne suffisait pas (il
n'est pas propre aux Venturi Trophy, mais à toutes les autos dédiées
100% à la course), les Trophy ne sont pas encore éligibles à
des épreuves historiques et plus assez compétitives pour celles
actuelles où elles pourraient concourir, ce qui les réservent pour
le moment aux seules sorties entre amateurs. N'espérez donc pas trouver
de sponsor pour financer votre passion ! Si vous avez décidé de
passer outre tous ces écueils, et êtes conscients d'un usage uniquement
dédié à la piste, soit quelques sorties par an, vous aurez
alors la possibilité d'acquérir une vraie auto de course, aux performances
de choix dans tous les domaines et dotée d'une réelle fiabilité.
Un Venturiste rencontré lors d'une sortie circuit possède une Trophy
dont le V6 a déjà enregistré 290 heures de roulage. Et il
semble pour l'instant respirer une santé d'enfer ! Difficile de donner
un prix, celui-ci pouvant varier en fonction de l'offre et de la demande. Une
fourchette de 35 à 60 000 euros selon l'état nous semble cohérente.
Sachez que si un vendeur argumenterait sur le pedigree de l'auto, cela ne doit
avoir aucune incidence sur sa cote puisque toutes les autos du Challenge étaient
identiques, aux réglages près et qu'elles étaient toutes
entretenues par l'Usine ou Synergie. Seul le talent des pilotes faisait la différence. |
| >LE
DOSSIER DE L'AUTOMOBILE SPORTIVE.COM VENTURI
400 TROPHY | >GENTLEMEN,
START YOUR ENGINE !
Bien que Venturi commence
à souffrir réellement d'une gestion hasardeuse faite d'ambition
et d'absence de lucidité, Stéphane Ratel, passionné et gentlemen
de l'automobile de sport et de luxe, va réussir à convaincre la
direction de Venturi de mettre sur pied un trophée mono-marque avec un
nouveau modèle qui lui sera spécifiquement dédié.
Une bonne occasion pour Venturi de tâter de la compétition sans concurrence
directe et créer un évènement autour de la marque et de ses
clients potentiels.
>>Lire
le dossier Venturi 400 Trophy de L'Automobile Sportive.com |  |
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